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mercredi 24 décembre 2014

Ebola : l'épidémie susceptible de durer encore un an

L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest est susceptible de durer jusqu'à la fin 2015, selon l'un des chercheurs qui a aidé à découvrir le virus en 1976.
Le Professeur Peter Piot, l'un des chercheurs qui a découvert le virus Ebola en 1976 et qui vient de rentrer de Sierra Leone, n'est guère optimiste. Selon lui, l'épidémie qui frappe l'Afrique de l'Ouest pourrait durer encore un an. Même s'il place beaucoup d'espoir dans les nouvelles thérapies anti-virales, il met en garde sur le temps nécessaire pour qu'un vaccin puisse se développer. Aujourd'hui directeur de l'Ecole de médecine tropicale de Londres, le Pr Piot a déclaré à la BBC : "nous devons être prêts pour un long effort, un effort soutenu, pour le reste de 2015".
Toutefois, il reconnaît avoir été impressionné par les progrès réalisés en Sierre Leone dans la lutte contre la maladie. "Les centres de traitement ont été installés dans tout le pays et on ne voit plus de personnes qui meurent dans les rues. Et grâce à certains traitements dispensés par intraveineuse, le taux de mortalité est tombé à un sur trois, ce qui n'a jamais été aussi bas" a-t-il expliqué en ajoutant qu'il espère que d'ici trois mois, preuve sera faite que les thérapies anti-virales sont efficaces.
Se préparer à la prochaine épidémie
De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré qu'il fallait tirer les leçons de cette épidémie pour se préparer à la prochaine, "en mettant en place de meilleurs systèmes d'alerte et de réponse rapide", a-t-il déclaré en invitant les Etats membres à redoubler d'efforts afin de "se préparer à la prochaine épidémie". Selon la Banque mondiale, Ebola va faire plonger en récession la Sierra Leone et la Guinée, en 2015 alors, que ces deux pays étaient promus à une solide croissance économique.

Ebola : les résultats encourageants de deux vaccins expérimentaux

Deux vaccins contre le virus Ebola et  la fièvre de Marburg, son cousin, ont été testés en Ouganda. Et d'après une étude publiée ce mercredi, les premiers résultats se révèlent encourageants.
Résultats prometteurs pour deux vaccins contre Ebola et le virus de Marburg. Les résultats d'un premier essai clinique de phase 1, mené en Ouganda, viennent d'être publiés dans la revue scientifique The Lancet.
Ces vaccins ont été développés à partir d'une source ADN contenant des protéines du virus Ebola. Une équipe de chercheurs de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), aux Etats-Unis, est à l'origine de cette méthode. L'essai clinique a été mené entre novembre 2009 et avril 2010 sur 108 adultes ougandais en bonne santé, âgés entre 18 et 50 ans.
Un vaccin plus puissant testé au Mali
Les vaccins étaient constitués de structures protéiques fixées à la surface du virus, générant une réponse immunitaire dans le corps, sans pour autant permettre la réplication du virus. Tous les participants se sont montrés tolérants au vaccin, avec une bonne réponse immutaire et très peu d'effets secondaires, nous apprend l'étude. « C'est la première étude qui montre une innocuité et une protection comparables pour une population africaine dans le cas d'un vaccin expérimental contre Ebola. C'est particulièrement encourageant parce que les personnes qui ont le plus de risques de contracter Ebola se trouvent essentiellement en Afrique, et on a pu constater pour d'autres maladies que certains vaccins offraient une protection moindre pour les populations africaines », souligne le Pr Julie Ledgerwood, auteur principale de l'étude.
Les auteurs de l'étude révèlent par ailleurs qu'un autre vaccin, encore plus puissant, fabriqué à partir d'un virus inoffensif déclenchant un rhume chez le chimpanzé est actuellement expérimenté aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Mali et en Ouganda.


Des chercheurs découvrent enfin pourquoi le vin est bon pour la santé

Des chercheurs californiens ont découvert le mécanisme précis de protection du resvératrol, un composant que l'on retrouve dans le raisin et le vin rouge. De quoi relancer un débat scientifique vieux de 25 ans.
Peut-on savourer un bon verre de vin rouge tout en protégeant son cœur ? Une question que les scientifiques se sont posés un millier de fois. En effet, on ne compte plus les nombreuses études sur le sujet. Ainsi, le vin rouge a été désigné comme un ami pour notre cœur et nos artères. Selon d’autres, il renforcerait également le système immunitaire. Mais au final, on compte autant de détracteurs que de partisans de la théorie du vin rouge et de ses effets protecteurs sur la santé. A tel point que la littérature scientifique nous laisse perplexe.
Le vin, consommé avec modération, est-il donc bon pour la santé ou est-ce seulement un bon prétexte pour enchaîner les verres sans culpabiliser ? Des chercheurs américains, dont les travaux ont été publiés ce mardi dans la revueNature, ont peut-être percé ce mystère. 
Une protéine activerait les gènes protecteurs
Ces derniers ont repéré la présence d’une enzyme dans le resvératrol, un composant appartenant à la famille des polyphénols que l’on retrouve dans le vin rouge mais aussi dans d’autres produits alimentaires tels que le raisin ou le chocolat. Or, ce composant, représente justement le principal objet de la controverse scientifique autour du vin rouge. Le resvératrol possède en effet des vertus antioxydantes reconnues depuis longtemps.
Selon l’équipe du Pr Mathew Sajik et du Pr Paul Schimmel, auteurs principaux de l’étude, l’action de l’enzyme découverte dans le resvératrol, permettrait de déclencher-ou de désactiver- le système de réponse cellulaire au stress. En effet, cette enzyme, nommée TyRs, active la protéine PARP-1, qui répare les dommages causés à l’ADN par ce stress. D’autres gènes se manifestent également via l’action de cette protéine... notamment ceux que l’on associe aux suppresseurs de tumeurs et à la longévité cellulaire. « Nous pensons qu’il ne s’agit que du sommet de l’iceberg, il y a sûrement beaucoup d’autres composants qui imitent les acides aminés et dont l’action pourrait se révéler tout aussi positive », suppute le Pr Schimmel, pour qui la prochaine étape consistera à identifier les composants en question.
Une découverte saluée par le Pr Jean Ferrières, Secrétaire Général de la Société Française de Cardiologie, « Cela apporte une pierre à l’édifice d’un débat scientifique vieux de 25 ans ! Et surtout, cela montre que les suppositions comme quoi le vin est bon pour la santé ne sont pas que de simples visions de l’esprit mais reposent sur des faits réels. Cette étude, laisse également entrevoir l’espoir de trouver une source médicamenteuse produisant les mêmes effets», s’enthousiasme ce dernier.
A consommer avec modération ?
Grâce aux chercheurs californiens, la théorie du rôle protecteur du vin rouge semble donc désormais reposer sur un argument solide. Autre bonne nouvelle : d’après les résultats des chercheurs, les gènes protecteurs s’activent même quand les quantités de vin sont faibles, à partir de 2 verres selon les chercheurs. Pour le Pr Ferrières, cet effet se prolonge jusqu’à 6 verres. Ce dernier met toutefois en garde contre une consommation excessive « Au-delà de 3 verres, le risque de cancer digestif commence à augmenter. Ce qui explique pourquoi on ne retrouve pas le phénomène de l’allongement de l’espérance de vie après les 3 verres ».
Mais le resvératrol n’est qu’un composant parmi tant d’autres du vin. Et de surcroît, il ne serait pas le seul a posséder ces vertus protectrices, selon de nombreux scientifiques. Une raison supplémentaire pour croire aux bienfaits du vin. 

Ecoutez le Pr Jean Ferrières, secrétaire Général de la Société Française de Cardiologie 

 lien



Pourquoi les médecins refusent-ils le tiers payant généralisé ?

DÉCRYPTAGE

Faciliter l'accès aux soins en supprimant l'avance des frais : voilà l'objectif de la généralisation du tiers payant, proposée par le gouvernement. Comment fonctionne ce système et pourquoi les médecins y sont-ils farouchement opposés ?

Après les urgentistes ce lundi, ce sera au tour des médecins généralistes libéraux de faire grève mardi à l’appel de leurs principaux syndicats MG France, la Fédération des médecins de France et le Syndicat des médecins libéraux. Dans leur collimateur, plusieurs points du projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine, et surtout lagénéralisation du tiers payant prévue d’ici 2017.
La France rejoindra ainsi les vingt-cinq autres pays européens qui appliquent le tiers payant généralisé. Dans l’Union européenne, seules la Belgique, le Luxembourg, et donc la France, font exception à la règle. Mais cette promesse de campagne de François Hollande cristallise aujourd’hui toute la grogne des médecins.

QU’EST-CE QUE LE TIERS PAYANT ?

Le système du tiers payant permet à l’assuré d’éviter d’avancer les frais médicaux. Si vous bénéficiez du tiers payant partiel, vous payez uniquement la part des frais non pris en charge par l’Assurance maladie et, dans le cas du tiers payant total, vous n’avez aucun frais à régler. Mais cela ne veut pas dire que vous ne payez rien. A la pharmacie par exemple, l’Assurance maladie vous prélève une franchise médicale de 50 centimes par médicament sur vos futurs remboursements, dans la limite d’un plafond annuel de 50 euros.

QUI BÉNÉFICIE DU TIERS PAYANT AUJOURD’HUI ?

En dehors de quelques cas particuliers, quatre grandes catégories de patients y ont droit : les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), de l’Aide médicale d’Etat (AME) et les victimes d’accidents du travail ou d’une maladie professionnelle. Cela représente environ 1/3 des consultations des généralistes.
Mais aujourd’hui, tous les assurés peuvent aussi profiter du tiers payant chez «100 000 professionnels de santé» selon Etienne Caniard, président de la Mutualité française. Soit la quasi-totalité des pharmaciens, beaucoup d’infirmières, de kinés ou encore des radiologues.

ET DEMAIN, AVEC LE PROJET DE LOI SANTÉ ?

La loi prévoit une généralisation du tiers payant dès juillet 2015 pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé (ACS) et en 2017 pour tous les assurés. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a précisé que les médecins récalcitrants ne seraient pas sanctionnés. Seuls les patients qui n’ont pas de complémentaire santé devront payer leur part mutuelle au médecin. Les autres n’auront plus de frais médicaux à avancer, sauf en cas de dépassements d’honoraires non pris en charge par les complémentaires.
Là encore, cela ne veut pas dire que vous ne paierez rien. Il existera toujours la franchise médicale sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. Même chose chez les médecins. Aujourd’hui, lorsque vous êtes remboursés à 70% par l’Assurance maladie pour une consultation de 23 euros chez un généraliste, la CPAM vous prélève un euro de participation forfaitaire sur vos futurs remboursements. Mais s’il n’y a plus de remboursements à effectuer en 2017, où sera pris cet argent ? Certains avancent qu’il pourrait être directement prélevé sur nos comptes bancaires. Le ministère de la Santé et la Direction de la sécurité sociale (DSS) ne répondent pour l’instant pas à cette question dont la réponse est visiblement un vrai casse-tête.

POURQUOI LE TIERS PAYANT GÉNÉRALISÉ FAIT-IL DÉBAT EN FRANCE ?

Parce que 95% des médecins y sont opposés, selon un sondage OpinionWay publié le 19 septembre. Par manque de moyens avancent-ils d’abord. «Il existe plus de 400 mutuelles en France, il y a donc beaucoup de papiers à envoyer, or un généraliste sur trois n’a pas de secrétariat pour gérer les tâches administratives et on risque de ne pas toujours être payés», se justifie Claude Leicher, président de MG France, principal syndicat de médecins généralistes. Un argument que comprennent bien les infirmières libérales : la majorité demande à leurs patients de régler leur part mutuelle «parce que c’est l’enfer pour se faire rembourser par les complémentaires. Je l’ai fait pendant deux ans et je devais leur envoyer plusieurs courriers pour réclamer quelques euros», raconte Andrée Palme, infirmière libérale à Aubenas, en Ardèche.
Pourtant, chez les pharmaciens, le tiers payant s’est généralisé «sans problème», selon Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (PSPF). Si cela fonctionne c’est pour une raison toute simple : les pharmaciens se sont équipés d’un système qui leur facilite la tâche : des«organismes concentrateurs techniques» qui envoient les factures à l’Assurance maladie et aux différentes mutuelles. Autre solution moins coûteuse : la Mutualité française, très favorable au tiers payant, est en train de travailler sur un logiciel«extrêmement simple qui permet d’identifier les mutuelles de leurs patients et leur fournit une garantie de paiement en cas de changement de complémentaire»,explique Etienne Caniard, président de la Mutualité française.
«Ce qui me gêne c’est que ce soit obligatoire, remarque Michel Combier, secrétaire général de l’Union régionale des professionnels de santé. Ce projet va déresponsabiliser le malade. La santé n’a pas de prix mais elle a un coût. On craint une inflation des actes.» Un argument balayé par Magalie Leo, chargée de mission assurance au Collectif interassociatif sur la santé (CISS) : «Personne ne va voir un médecin par plaisir. Aujourd’hui, ceux qui ne peuvent pas avancer les frais d’un médecin vont à l’hôpital et engorgent les urgences.» Améliorer l’accès aux soins, c’est bien l’objectif du ministère de la Santé et il s’appuie sur un chiffre : en 2012, 26 % de la population déclarait avoir renoncé à au moins un soin pour raisons financières.
Mais ce qui ressort des nombreux témoignages recueillis auprès des médecins, c’est que les généralistes tiennent plus que tout à la charte de la médecine libérale. Beaucoup ont peur de devenir un jour, en quelque sorte, les «salariés de l’Assurance maladie». Etienne Caniard conclut : «Ce système est surtout un redoutable révélateur des dépassements d’honoraires, les patients verront tout de suite ce qu’ils devront payer en plus de leur poche.»





dimanche 21 décembre 2014

La France part en guerre contre les « super-bactéries »

La ministre de la santé, Marisol Touraine a annoncé, lundi 17 novembre, la création d’un groupe de travail pour la préservation des antibiotiques, qui devraformuler, d’ici à juin 2015, des propositions pour réduire l’incidence des infections à bactéries multirésistantes et favoriser le développement de nouvelles molécules anti-infectieuses.
Mme Touraine a fait cette annonce à l’occasion d’une visite à Val-de-Reuil, en Normandie, sur le site de R&D de Janssen, la filiale pharmaceutique du géant américain Johnson & Johnson, symbole de la guerre engagée contre les « super-bactéries ».
Ce site a découvert l’un très des rares antibiotiques mis sur le marché depuis une décennie : la bédaquiline, commercialisée sous le nom de Sirturo et autorisée enEurope depuis le printemps, s’attaque à la tuberculose multirésistante, dont 500 000 cas nouveaux ont été recensés dans le monde en 2012.
CONSOMMATION À NOUVEAU EN HAUSSE
Marisol Touraine compte davantage sensibiliser le grand public et espère renoueravec le succès du slogan « Les antibiotiques, c’est pas automatique », inventé il y a dix ans. « Le réflexe ne doit plus être docteur mettez-moi sous antibiotique”,mais plutôt docteur ai-je vraiment besoin d’antibiotique ?», a-t-elle souligné.
La campagne lancée en 2010, avec comme accroche « Utilisés à tort, ils deviendront moins forts ! », avait moins marqué les esprits et la consommationétait repartie à la hausse.
L’agence de la sécurité du médicament (ANSM) a constaté que les ventes d’antibiotiques ont progressé de 5,9 % depuis cette année-là.
« C’est un problème préoccupant car la hausse de la consommation se traduit par une résistance accrue aux antibiotiques et on observe un développement des situations d’impasse thérapeutique », a insisté l’ANSM.
Son étude s’inscrit dans le cadre d’un plan national de réduction de 25 % de la consommation d’ici à 2016. Un objectif « mal engagé » selon le responsable du rapport, s’il n’y a pas de « renversement de tendance » dès l’année prochaine.
La ministre de la santé compte aussi relancer la machine à innover avec des mesures incitatives pour les industriels. « Nous devons prendre en compte la particularité de ce domaine de développement dit sans marché, c’est-à-dire que, par essence, ces molécules auront des populations cibles restreintes », a rappelé Mme Touraine.
Cela doit être pris en compte pour rendre ces médicaments à nouveau attractifs pour les partenaires industriels.
DÉTECTER PLUS VITE
Les fabricants de tests diagnostics aussi sont appelés à la rescousse pourrepérer le plus vite possible les « super-bactéries ». Pionnier, le français bioMérieux lancera à la fin de l’année, un test qui permettre de détecter en moins de 3 heures les bactéries résistantes aux carbapénèmes, des antibiotiques particulièrement puissants de la famille des pénicillines.
« Cela évitera de les administrer aux patients qui n’en ont pas besoin, ce qui est une bonne chose compte tenu de leur toxicité, se félicite Mark Miller, directeur médical de bioMérieux. Cela permet aussi d’isoler rapidement ces patients et d’éviter la propagation de ces bactéries dans tout l’hôpital. »
Un antibiogramme classique prend entre 24 et 48 heures, le temps de « cultiver la bactérie », puis de tester l’efficacité de différentes molécules. « Le défi est demettre au point un test qui donne un résultat fiable directement à partir du sang du patient ».
Cette année, bioMérieux a créé un nouveau département qui développe des tests dits « compagnons » c’est-à-dire associés à un médicament précis. « L’idée est d’offrir aux laboratoires des tests rapides leur permettant à la fois de mieuxsélectionner les patients pour leurs essais cliniques et dans la vie réelle de savoirtrès vite si tel antibiotique va marcher ou pas », souligne Mark Miller.
Un premier vers dans l’usage intelligent et parcimonieux de ces précieuses molécules.